L'UE commence l'examen de la fusion entre WhatsApp et Facebook

L'accord établissant l'acquisition de WhatsApp par Facebook pour un montant de 19 milliards de dollars US a été rendu public en février dernier. Trois mois après cette annonce, Facebook a sollicité la Commission européenne (CE) pour passer en revue les détails de son rachat en vue de se soustraire à des enquêtes dissociées dans différents pays de la région.

Étant la principale autorité de l'Union européenne (UE) chargée de l'application des traités, la Commission Européenne se prépare à ouvrir une enquête formelle sur la fusion qui pourrait devenir le point de référence pour déterminer les niveaux de concurrence, la concurrence déloyale et le monopole des données. Par la collecte de données à partir des questionnaires, la CE devrait recueillir des informations détaillées sur la façon d'appliquer la loi de la concurrence au sein de l'Union, concernant la croissance de l'économie numérique et la présence de plus en plus marquée des réseaux sociaux.

Les questionnaires qui ont été envoyés à un certain nombre de compagnies de technologies et de service de messagerie en ligne ont principalement porté sur la façon dont la fusion de Facebook et WhatsApp générera une concurrence plus forte sur le marché. En outre, la commission a souhaité obtenir des informations sur la façon dont les entreprises manipulent et utilisent les données privées de leurs services.

Il y a au moins deux sociétés d'applications de messagerie mobile qui ont exprimé leurs préoccupations à la CE. La plus importante des préoccupations est celle relative à la part de marché et au fait que la fusion entre Facebook et WhatsApp éliminerait les compagnies concurrentes du marché.

Certains avocats et des défenseurs de la vie privée affirment que la fusion ferait de Facebook, un « monopoliste de données ». Cet état de choses donnerait de façon définitive un avantage au réseau social puisqu'il pourrait se servir des données d'utilisateurs massivement recueillies comme obstacles à l'entrée des sociétés concurrentes.

« C'est un peu un orteil dans l'eau pour la Commission, un genre de talon d'Achille », a déclaré un avocat antitrust. L'avocat, qui est également basé à Bruxelles, a ajouté que « c'est la première fois qu'ils se pencheront sérieusement sur les réseaux sociaux en termes de problèmes de pouvoir de marché. »

La CE « devrait vérifier si le service est susceptible de rester pratiquement sans frais », a déclaré Jose Luis Buendia, un ancien fonctionnaire antitrust. « Les utilisateurs pourraient théoriquement migrer vers un autre système si les prix augmentent, mais cela nécessiterait une action coordonnée par des millions de personnes. »

Avant d'envoyer les questionnaires, les responsables ont également passé en revue l'accord d'acquisition entre Microsoft et Skype. Ils font toujours des recherches sur la façon dont ces outils basés sur la messagerie instantanée et la vidéo peuvent jouer un rôle dans les transactions impliquant les réseaux sociaux.

Sur une note dissonante, la fusion avait été approuvée par la commission fédérale du commerce (FTC) en avril, déboutant ainsi les recours anti-fusion déposés par les partisans de la protection de la vie privée. La raison justifiant cette décision est plutôt simple : tout comme les marchés asiatiques, dominés par KakaoTalk, LINE et WeChat, le marché américain est aussi débordant de concurrence.